Une pensée à toutes celles qui patientent

Publié le par Dolly

Une pensée à toutes celles qui patientent

Parce que je connais ce sentiment de puissance quand je le serre dans mes bras . La joie de me réveiller le matin et le regarder s'éveiller . Le fait de lui faire des calins , de caresser ses petits pieds si adorables . De le bercer lorsqu'il pleure , l'entendre gazouiller , le voir dormir , ramper ... Le voir grandir et progresser tous les jours !!!

Parce que j'ai eu la chance ultime d'être maman , assez rapidement au final !

Parce que je n'ai pas eu à passer par des traitements lourds , par la PMA . Par cette longue attente qui peut durer des années voir jamais pour certaines femmes ...

Parce que mon petit miracle est venu , telle une magnifique surprise de la vie et que je ne remercierai jamais de l'avoir avec moi à chaque seconde qui passe !!!



Parce que j'ai vécu le bonheur d'un test de grossesse positif , les échographies , les premiers coups de bebe dans le ventre , les monitos , l'accouchement et la délivrance si parfaite , la premiere découverte de ce bebe tant désiré , le premier regard , le premier bain , la premiere couche , le premier biberon ...

Parce que je peux être fière de le présenter , de parler de mes symptômes avec d'autres mamans , d'avoir choisi son prenom , d'avoir organisé sa chambre , choisi sa garde robe , préparer sa liste de naissance .



Parce que je pense et que je n'oublie pas toutes les femmes qui attendent cette joie elles aussi . Qui doivent endurer tant de médicaments pour avoir leur enfant .

Parce que malgré le fait que je sois une maman aujourd'hui , je garde contact avec les filles qui patientent ... Et toutes celles qui m'ont épauler lorsque j'apprenais que mon homme etait OATS..

Car si pour certaines c'est facile de tomber enceinte pour d'autres c'est un véritable parcours ... Je pense à toutes ces femmes qui souhaitent un enfant et qui j'espère auront la chance de connaître ce bonheur d'avoir son enfant contre soi ...

Un petit texte qui me touche beaucoup d'une fille qui l'a écrite sur le groupe Facebook :

Vivre l'infertilité

C'est d'abord faire face à une réalité qui nous choque, nous déstabilise, nous fragilise. Au début, cela tient davantage de l'hypothèse, mais, au fil du temps, nos doutes se confirment et deviennent inévitables. Il faut alors affronter la situation et faire avec le lot de déceptions, de craintes et d'incertitudes qui l'accompagne. Parce que vivre l'infertilité, c'est expérimenter une riche gamme d'émotions. Des émotions intenses qui prennent le dessus sur tout à certains moments. Des émotions que le commun des mortels qualifierait de négatives: la colère, la tristesse, la jalousie, l'impuissance, etc. Mais des émotions qui, tout compte fait, nous permettent de nous garder en vie.


Vivre l'infertilité c'est se sentir abandonné par la vie et, dans des élans de découragement, accuser ciel et terre de cette injustice. C'est essayer de donner du sens à quelque chose qui n'en fait pas. C'est désirer un enfant de façon viscérale et espérer. Vivre l'infertilité c'est se battre contre la vie, contre sa vie, pour une vie. C'est parfois se sentir illégitime et se justifier. Et c'est ultimement accepter.


Vivre l'infertilité c'est faire des deuils, en commençant par le deuil de la facilité. Ce qui est le plus naturel qui soit pour la grande majorité de l'humanité, c'est-à-dire se reproduire, ne l'est pas pour nous. Et quoi qu'il existe beaucoup de mythes sur la question, cesser d'y penser ou lâcher prise ne sont pas toujours gages de succès. C'est aussi faire le deuil d'un enfant conçu de façon passionnée et spontanée, sans intervention médicale, ou faire le deuil d'un enfant biologique. C'est parfois faire le deuil suite à une fausse couche ou faire le deuil d'un bébé mort-né qui semble n'avoir existé pour personne, mais qui, pour nous, était bien réel. C'est constater qu'autour de soi, certains deviennent parents sans l'avoir préalablement souhaité ou sans l'avoir planifié. Alors que d'autres le sont sans qu'on leur ait toutefois transmis ce qu'il faut dans leur enfance pour assumer ce rôle pleinement. C'est réaliser qu'un très grand nombre de femmes interrompent une grossesse non désirée. Une fois, deux fois, trois fois. Vivre l'infertilité c'est se comparer et constater que pour certains c'est rapide et pour d'autres plus long, que certains auront plusieurs enfants et d'autres aucun.


Vivre l'infertilité c'est parfois investir avec excès notre relation avec nos animaux de compagnie, parce que notre désir de «prendre soin de» occupe toute la place et que la recherche de l'amour inconditionnel qui lie parents et enfants, devient obsédante.


Vivre l'infertilité c'est vouloir verser toutes les larmes de son corps chaque fois que les menstruations reviennent. C'est dépenser de sommes incroyables pour des tests de grossesse qui s'obstinent sans relâche à réduire en miettes nos espoirs tenaces. C'est ingurgiter acide folique, hormones et médicaments. C'est prendre sa température chaque matin et faire des graphiques. C'est lever les jambes après le coït, humiliée et blessée, mais prête à tout tenter. C'est croire des professionnels de la santé qui se sont peut-être trompés ou échapper à la statistique.



Vivre l'infertilité, c'est passer devant les rayons de vêtements pour enfants en ayant un énorme pincement au cœur et se sentir coupable d'avoir envie d'acheter compulsivement de minuscules pyjamas.


Vivre l'infertilité c'est se sentir frustré quand une femme enceinte se plaint d'inconfort, alors qu'elle caresse son bedon rond, pleine et heureuse. C'est quand toutes les conversations des pères et des mères, portant sur un seul sujet, leur enfant, te ramènent à ton sentiment d'échec. C'est rager quand quelqu'un énonce ses difficultés à exercer sa parentalité sans donner l'impression d'avoir conscience de la chance qu'il a. C'est ressentir une douleur vive au moment de l'annonce de la grossesse ou de l'accouchement d'une personne de l'entourage. Enfin, c'est se sentir pitoyable et ignoble de projeter sa peine à travers les moments les plus heureux de la vie d'un couple d'amis, de membres de la famille, de collègues de travail ou même de purs inconnus. C'est aussi vivre le bonheur des autres par procuration, faute de pouvoir le vivre soi-même. C'est vouloir parler constamment de cette souffrance sans savoir quoi dire ou comment le dire ou sans avoir l'opportunité de le faire. C'est en vouloir à la terre entière ne pas comprendre, de ne pas savoir écouter, de juger ou de dire la mauvaise chose au mauvais moment.



Être un couple infertile, c'est vivre une blessure profonde, c'est douter, c'est traverser une grande épreuve ensemble mais seuls, unis mais déchirés. C'est parfois se replier pour survivre, alors que notre désir le plus fort est de ne plus avoir à se centrer sur nous-mêmes et sur notre détresse, mais de s'ouvrir à un enfant pour tout lui donner, notre cœur, notre âme, notre vie. C'est partager une réalité avec d'autres couples infertiles, puis parfois se retrouver seuls, les bras vides, sur la ligne d'arrivée.



En fait, les personnes infertiles sommes des survivants qui vivons dans un état permanent de manque. Nous vivons avec un handicap social, qui passe parfois inaperçu, mais qui laissent des traces indélébiles à l'intérieur de nous. En vérité, seuls les pleurs et les rires d'un enfant pourront nous guérir et nous réparer. Ou peut-être le temps, qui fera place à la sérénité, quand il ne restera plus d'énergie pour nous battre, plus d'espoir. En marge de la société, amputés dans nos désirs vitaux, nous n'aspirons qu'à vivre dans la normalité. À bercer, à disputer et à s'amuser avec notre enfant. Nous vivons l'absence au quotidien, sans prénom ni photo auxquels s'accrocher, en attente d'un miracle qui tarde à se manifester. Avec, comme seule compagnie, le vide, et comme seule consolation, nos prières, qu'un jour, se soit enfin notre tour.


Texte de Sarah Leclerc Gendron

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